Centre de Distribution de Cambrai, groupe Columbia Sportswear
Le temps de la réflexion
Columbia, Venteprivée.com, Fournier... Leur point commun : avoir réalisé une conduite de projet rigoureuse, étape par étape.
Joseph Senné, directeur général logistique et distribution de l’américain Columbia Sportswear 90
Un homme d’expérience. Avec huit projets de centre de distribution automatique à son actif, Joseph Senné, directeur général logistique et distribution de l’américain Columbia Sportswear revendique sa « connaissance du milieu ».
Lorsque, en 2001, son entreprise veut mettre en place un système automatisé de reconditionnement pour les produits arrivant de Chine ou d’USA, il rencontre les personnes concernées en interne, et réalise « tout seul » son appel d’offre.
Cinq constructeurs sont sollicités, Savoye est retenu. Commence alors le début « de cette phase essentielle ».

Environ neuf mois de gestion et de montage du projet, indispensables pour éviter, par la suite, « les mauvaises surprises, les soucis de démarrage, les plus values non prévues dans le budget ». Cette durée de référence – « le temps d’une grossesse en dessous de laquelle on risque de ne pas avoir un beau bébé » - est jalonnée de tours de table, de réunions hebdomadaires entre les deux partenaires. Une réflexion commune et indispensable.
L’équipe ingénierie de Savoye, « force de proposition au niveau technique et process », ne peut pas avoir « l’expérience de notre métier, connaître notre orientation » assure Joseph Senné.
Cet échange – « on fait en sorte de gagner de l’argent tous les deux » - est, pour lui, l’alchimie idéale. Ajouter un « œil extérieur » à ce duo ne ferait que compliquer la complexe mise en place de ce type de démarche. « J’ai déjà fait appel à un consultant. Une fois sa mission terminée, il s’en va et si ça ne marche pas, c’est vous qui ramez. Alors autant mettre en place, tout de suite, l’équipe qui devra suivre le projet et s’entourer directement du bon partenaire comme Savoye. »
Pour prouver ses dires, il n’hésite pas à avancer ses 25 ans d’expérience et ses nombreuses réussites. « Toute les installations que j’ai mises en place sont toujours en fonctionnement. Certaines ont même été améliorées » se félicite cet homme qui rêve toujours de relever de nouveaux défis.
UNE MÉTHODE NOVATRICE DANS LE SECTEUR DU MEUBLE
Avec près de 90 millions d’euros d’investissement prévus d’ici à 2010, le groupe Fournier, spécialisé dans le meuble de cuisine et de salle de bain (principalement sous les marques Mobalpa, Pérène et Delpha ) entend bien réaliser une réingénierie complète de son outil industriel et logistique.
Avec pas moins de 17 projets simultanés, le challenge est à la hauteur des ambitions de la société installée à Thônes, en Haute Savoie. Si l’usine de production savoyarde bénéficiait déjà d’un picking automatique, elle ne fonctionnait pas totalement en flux synchrone. « Notre but, explique Pascal Bert, le directeur industriel et logistique, est de réussir à faire arriver les différents composants d’un meuble au même moment sur la chaîne de montage, comme dans l’automobile. »
Un cahier des besoins a donc été envoyé à plusieurs fournisseurs européens, Dematic a été retenu. Débute alors un projet complexe – trois transstockeurs supplémentaires vont, notamment, être installés - qui a demandé une étude d’une année destinée à définir l’ensemble des besoins de tous les acteurs concernés, à valider les prévisions marketing du groupe.
« Nous n’avions pas pris le temps depuis 15 ans de repenser entièrement notre schéma industriel et logistique. Nous avons dû nous asseoir tous ensemble pour réfléchir aux attentes produits et services de notre marché et savoir comment y répondre sur le plan industriel et logistique puis ensuite tout décomposer en un ensemble de sous projets cohérents. Le but n’est pas d’empiler uniquement du matériel, mais bien de raisonner en flux physiques et d’informations. »
Recruté spécialement pour accompagner ces changements, Pascal Bert, formé aux méthodes anglo-saxonnes, raisonne immédiatement en mode projet, « encore novateur dans le secteur du meuble », et met en place des struc- tures dédiées. Il définit un chef de projet, lui alloue des ressources, un ingénieur junior « maison » et un consultant en charge du transfert des meilleures pratiques de la logistique et du management de projet.
« Le chef du projet magasin automatique avait des fortes compétences en ingénierie mais pas en logistique de magasin, je suis donc allé les chercher à l’extérieur »
Si cet expert apporte de la valeur ajoutée, une vision globale, il doit avoir accès à toutes les informations stratégiques, politiques et futures, impactant la nouvelle installation. Une étape souvent montrée du doigt par les intervenants externes comme la cause de beaucoup de déboires futurs : les directions hésitent à leur transmettre certaines données classées « secret défense » ou n’ont pas le recul nécessaire pour le faire. Une accusation rejetée par le directeur logistique. « Nous passons des accords de confidentialité. Si ils travaillent avec nous, ils ont accès à tout ce qui leur est nécessaire.
Un exemple ?
Nous lançons actuellement une nouvelle marque, et bien, le consultant logistique le sait depuis un an, avant même mes propres distributeurs. »
Evaluation de l’existant, définition d’objectifs précis, communication interne et surtout implication de tous. Dès le début, chaque participant, quel que soit son niveau hiérarchique est impliqué, écouté et formé. « Sur le projet de Thônes, nous avons détaché un opérateur « plus, plus », afin d’aider le transfert des connaissances et du changement vers ses collègues. » Une des clefs du succès et de l’acceptation des changements en cours assure Pascal Bert, mais aussi de la réussite des évolutions futures. « Ce que nous sommes en train de réaliser avec Dematic, nous le mettons en oeuvre également pour tous les autres projets.»
NE PAS ÊTRE JUGE ET PARTIE
Acheter un pull, un grille-pain ou même une voiture sur internet avec de fortes remises, voici le concept très porteur de venteprivée.com. Une croissance permanente des ventes et une nécessaire adaptation de la logistique à ce succès. Le développement des entrepôts et leur automatisation sont des enjeux essentiels pour le e-commerçant. « Lorsque on passe de 20 000 à 30 000 colis par jour, la limite c’est quand même la logistique » assure Alexandre Boudignon, directeur logistique du site.
Après avoir mécanisé Pascal Bert, directeur industriel logistique du groupe Fournier , en partenariat avec Savoye, la préparation de commande de l’entrepôt du Blanc Mesnil en région parisienne, les deux acteurs passent à la phase 2 : automatiser les chaînes d’emballage.
« Nous devons mettre en place un système capable de produire des colis homogènes, sécurisés et présentables. Le conditionnement représente indirectement notre image auprès de nos clients ».
Le directeur général et le directeur logistique de venteprivée.com chapeautent hebdomadairement le comité de suivi mais le quotidien de la vie du projet est mené par GCL, groupe de conseil en logistique.
Kamal Chraïbi, l’un des associés est clair : « si Vente privée nous utilise comme leur département d’ingénierie et de conseil en logistique, c’est bien pour notre expertise opérationnelle et en e-commerce », mais aussi pour éviter de traiter directement avec les fournisseurs d’équipement « qui ne peuvent pas être juge et partie. »
Concevoir la solution, réaliser l’appel d’offre, gérer le projet avec Savoye, le consultant assure accompagner son client du diagnostic à la conception. « Nous partons une fois la clef tournée, si tout fonctionne. » Un partenariat apprécié par Alexandre Boudignon. « Avec une croissance à trois chiffres et des projets qui s’enchaînent, nous n’avons pas le temps de monter une équipe projet en interne. Soit on le faisait avec GCL, soit on ne le faisait pas ! »